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  • Bloc d’opale brute encore prise dans sa roche, veines bleu pâle et laiteuses courant dans la matrice grise
  • Pierre d’opale : vertus, couleurs et pourquoi on la dit porte-malheur

    Rédigé par Andrianony Nick pour Le Temple Yogi


    Aucune autre pierre ne fait ça. Inclinez une pierre d’opale de quelques degrés et le vert devient bleu, le bleu devient rouge, puis tout s’éteint et revient. Voici d’où vient ce jeu de couleurs, ce que la lithothérapie prête à l’opale selon sa teinte, et pourquoi une rumeur née dans un roman en a fait pendant vingt ans une pierre de malheur.

    Auteur du dictionnaire des pierres du Temple Yogi, soixante-dix fiches minérales publiées sur la boutique.

    Sommaire

    Qu’est-ce que l’opale ?

    Première chose à savoir, et elle surprend souvent : l’opale n’est pas un minéral au sens technique. Ses atomes ne sont pas rangés selon un réseau régulier, comme le sont ceux du quartz. On la classe donc parmi les minéraloïdes, même si l’Association minéralogique internationale continue de lui reconnaître un nom d’espèce pour des raisons historiques. Sa formule s’écrit SiO₂·nH₂O : de la silice hydratée, autrement dit du quartz qui aurait gardé son eau.

    Cette eau est sa signature et sa fragilité. Sa proportion va de 3 à 21 % du poids de la pierre, le plus souvent entre 6 et 10 %. C’est ce qui explique que l’opale soit étonnamment légère en main : sa densité tourne autour de 2,15, quand la plupart des pierres de bijouterie dépassent 2,6. Les opales éthiopiennes hydrophanes, plus poreuses encore, pèsent moins lourd encore à volume égal.

    Sa dureté se situe entre 5 et 6,5 sur l’échelle de Mohs, avec une variation qui dépend de sa composition exacte. Mais le chiffre qui compte vraiment au quotidien n’est pas celui-là : c’est sa ténacité, que le GIA qualifie de très faible à moyenne. Traduit en usage, la dureté dit à quel point une pierre se raye, la ténacité dit à quel point elle casse. Une opale fait les deux plus facilement que le cristal de roche ou l’agate. C’est une pierre que l’on porte en le sachant.

    Deux grandes familles se partagent le nom. L’opale noble, ou opale précieuse, montre le jeu de couleurs qui a fait sa réputation. L’opale commune, que les mineurs australiens appellent potch, n’en montre aucun : elle reste laiteuse, jaune, brune ou grise, d’un seul ton. Le potch est de très loin le plus abondant, l’opale noble ne représentant qu’une petite fraction de ce qui sort de terre. L’opale jaune que nous montons en bracelet appartient à cette seconde famille, et sa beauté tient à sa couleur plutôt qu’à ses reflets.

    Un mot sur le nom, parce qu’il circule beaucoup d’approximations. Le français a emprunté opale au latin opalus, que Pline l’Ancien avait lui-même repris du grec opallios. L’origine sanskrite que répètent la plupart des fiches n’est portée par aucune source lexicographique solide, et le CNRTL ne la mentionne pas. Il donne en revanche un détail que personne ne raconte : la première forme française attestée, au douzième siècle, s’écrivait optal, une déformation probablement influencée par le grec ophthalmos, l’œil, parce qu’on prêtait alors à cette pierre un lien avec la vue.

    Nos bijoux en opale

    Trois pièces montées sur opale : un anneau ouvert qui s’ajuste au doigt, un bracelet de perles d’opale jaune de deux millimètres, et un tressé de grenat fermé par un cabochon irisé.

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    Pourquoi l’opale change de couleur

    La couleur d’un lapis-lazuli vient d’un minéral bleu. Celle d’une améthyste vient d’impuretés de fer. L’opale noble, elle, ne doit ses éclats à aucun pigment. Ils naissent de sa géométrie interne.

    À l’intérieur d’une opale précieuse, la silice s’est déposée en sphères microscopiques, toutes à peu près de la même taille, empilées avec la régularité d’un tas d’oranges sur un étal, et séparées par des vides. Quand la lumière traverse cet empilement, elle est diffractée et mise en interférence : chaque longueur d’onde repart dans une direction légèrement différente, et l’œil reçoit du rouge ici, du vert un centimètre plus loin. Les physiciens décrivent aujourd’hui l’opale comme un cristal photonique en trois dimensions. Le mécanisme a été démontré par J. V. Sanders, du CSIRO australien, dans la revue Nature du 19 décembre 1964.

    La taille des sphères commande la palette, et les seuils sont connus au nanomètre près. En dessous de 138 nanomètres, la diffraction se produit dans l’ultraviolet et rien n’est visible. À 138 nanomètres apparaît le violet. Il faut dépasser 241 nanomètres pour voir surgir le rouge, et au-delà de 333 nanomètres tout bascule dans l’infrarouge et le jeu de couleurs disparaît. Le phénomène est cumulatif vers le haut : une pierre à grosses sphères donne le rouge et toutes les couleurs plus courtes. C’est pour cette raison qu’une opale à dominante rouge coûte bien plus cher qu’une opale bleue, qui n’a jamais que du bleu à offrir.

    Dans l’opale commune, ces mêmes sphères existent mais leurs tailles sont inégales et leur empilement désordonné. La lumière s’y disperse sans se trier, et la pierre reste d’un ton uni, parfois voilé de blanc. Ce voile laiteux porte un nom, l’opalescence, et le GIA recommande de ne pas s’en servir pour désigner les feux : l’opalescence est le trouble, commun à toutes les opales, le jeu de couleurs est autre chose. Quant à l’opalisation, c’est un terme de géologue qui désigne le remplacement d’une matière par de l’opale, comme dans les fossiles opalisés de Lightning Ridge, et non un effet optique.

    Cabochon d’opale bleu vert poli en dôme, serti sur un anneau doré ouvert posé sur un tissu beige Cabochon d’opale rond aux reflets multicolores serti sur un bracelet de grenat tressé
    Deux opales, deux comportements. À gauche, une pierre d’un bleu vert uni qui ne renvoie pas d’éclats de couleur. À droite, un cabochon parcouru de reflets qui se déplacent selon l’angle du regard.

    Les couleurs de l’opale et leur signification

    On ne parle jamais d’une opale, toujours d’une opale de quelque chose. La couleur de fond, celle du corps de la pierre, sert de base à toute la classification commerciale, et la lithothérapie s’est calée dessus pour attribuer à chaque variété son intention propre.

    Variété Ce qui la caractérise Ce que la tradition lui prête
    Opale blanche Fond clair, laiteux à translucide. La plus répandue sur le marché du bijou. Douceur, apaisement, clarté intérieure
    Opale noire Fond sombre, gris à noir, qui fait ressortir les éclats. La plus rare et la plus chère. Protection, ancrage, force tranquille
    Opale de feu Fond orange à rouge, souvent transparent, avec ou sans jeu de couleurs. Signature du Mexique. Élan, courage, passion
    Opale boulder La veine d’opale reste soudée à sa roche brune d’origine, qui sert de fond. Le Queensland en est de très loin la source principale. Enracinement, lien à la terre
    Opale de cristal Fond transparent ou très translucide, le jeu de couleurs semble flotter dans la pierre. Lucidité, élévation
    Opale jaune Ton miel à doré, sans jeu de couleurs. Une opale commune. Joie, clarté d’esprit, énergie douce
    Opale rose Rose tendre et opaque, souvent d’origine péruvienne ou andine. Tendresse, ouverture du cœur
    Opale verte Vert clair à vert d’eau, généralement sans jeu de couleurs. Équilibre, renouveau
    Hyalite Incolore et transparente, parfois surnommée opale d’eau. Purification, remise à zéro

    Deux couleurs demandent une précaution de vocabulaire. L’opale bleue vendue en bijouterie fantaisie n’a le plus souvent rien à voir avec une opale bleue naturelle : c’est une pierre de synthèse ou une opale commune traitée. Et l’opale violette que l’on croise sur les places de marché est très souvent de l’opalite, un verre opalescent dont nous reparlons plus bas.

    L’opale blanche, la plus répandue

    Quand on cherche la signification de l’opale blanche, on cherche en réalité la plus commune des opales nobles. Son fond va du blanc laiteux au translucide légèrement gris, et c’est sur ce fond clair que se posent les éclats de vert, de bleu et parfois de rose. Elle vient très majoritairement d’Australie, du champ de Coober Pedy, et elle représente l’essentiel de ce que l’on voit en vitrine sous le nom d’opale.

    Son fond clair est aussi sa limite : il renvoie déjà beaucoup de lumière, ce qui adoucit le contraste avec les éclats. Une opale blanche montre donc un jeu de couleurs plus doux, plus laiteux, là où une opale noire le fait éclater. C’est ce qui explique l’écart de prix considérable entre les deux, à qualité de feu comparable.

    Les vertus de l’opale blanche suivent cette douceur. La tradition lithothérapique en fait une pierre de calme et de clarté, celle que l’on choisit quand l’esprit tourne en rond plutôt que quand il manque d’énergie. On la rapproche souvent de la pierre de lune, avec laquelle elle partage ce reflet mouvant et une même réputation de douceur féminine. Beaucoup l’offrent pour une naissance ou un passage de vie, dans le même esprit que la nacre.

    Cabochon ovale d’opale blanche sur fond clair, parcouru d’éclats verts, roses et bleus répartis irrégulièrement
    Une opale blanche de belle qualité : le fond reste laiteux, et les éclats se posent dessus en plages de tailles inégales, sans jamais former de motif régulier. C’est ce désordre qui signe une pierre naturelle.

    L’opale porte-t-elle malheur ?

    C’est la question que l’on nous pose le plus souvent sur cette pierre, et elle mérite une vraie réponse plutôt qu’un haussement d’épaules. Non, l’opale n’a rien d’une pierre de malheur, et sa réputation a une date de naissance assez précise.

    Pendant toute l’Antiquité et le Moyen Âge, l’opale est au contraire une pierre estimée. Pline l’Ancien en parle, et c’est par lui que le mot est passé du grec au latin puis au français. L’Europe médiévale y voit une pierre qui réunit les qualités de toutes les autres, puisqu’elle en contient toutes les couleurs, et la porte pour la clairvoyance et la protection. Aucune tradition écrite antérieure à 1829, dans aucune des grandes langues européennes, n’en fait une pierre de malheur.

    Le retournement vient du roman. En 1829, Walter Scott publie Anne of Geierstein. Le personnage de Lady Hermione y porte dans ses cheveux une opale éblouissante. Quelques gouttes d’eau bénite tombent sur la pierre et en éteignent l’éclat ; Hermione s’évanouit, on la porte dans sa chambre, et le lendemain il ne reste sur le lit qu’un petit tas de cendres. Scott n’écrit nulle part que l’opale est maudite, mais le public retient l’image. Le livre est un immense succès, et les ventes d’opale en Europe chutent de moitié, à un niveau qui restera bas pendant vingt ans.

    Un second ingrédient a fait le reste : la pierre est réellement fragile. Elle contient de l’eau, elle craque quand elle se déshydrate, elle se casse plus facilement qu’un saphir. Un joaillier du dix-neuvième siècle qui perdait une opale sur son établi avait toutes les raisons de la trouver de mauvais augure. La superstition a donc trouvé un appui dans un fait matériel, et c’est souvent comme cela que les superstitions tiennent.

    La croyance a la vie dure et se reformule aujourd’hui autrement : on entend qu’il ne faudrait pas porter une opale qui n’est pas sa pierre de naissance, ou qu’un cadeau d’opale porterait malheur à qui le reçoit. Rien de tout cela n’a d’assise, ni historique ni traditionnelle. En Australie, premier pays producteur, l’opale est la pierre nationale et personne ne s’en méfie.

    Les vertus de l’opale en lithothérapie

    Une précision d’honnêteté avant d’aller plus loin : ce qui suit relève d’une tradition de bien-être transmise par l’usage, pas d’un savoir médical. Une pierre ne remplace jamais l’avis d’un professionnel de santé. Ce que l’on peut dire, c’est ce que des générations de porteurs y ont trouvé.

    La première vertu que la tradition prête à l’opale tient à ce que la pierre montre : elle change selon l’angle, elle ne se laisse jamais figer. On en a fait la pierre de l’intuition, celle que l’on porte quand il faut sentir une situation avant de la comprendre. C’est le registre qu’occupent aussi la labradorite et l’améthyste, avec une nuance : l’opale est plus légère, moins solennelle.

    Vient ensuite le registre des émotions et de la joie. Les Grecs y voyaient un symbole de pureté et d’espoir. La lithothérapie moderne en a fait une pierre que l’on choisit pour retrouver de la légèreté après une période grise, pour se reconnecter à ce qui fait plaisir plutôt qu’à ce qui pèse. Certains la disent amplificatrice : elle rendrait plus vif ce que l’on ressent déjà, dans un sens comme dans l’autre. C’est pour cette raison qu’on la conseille moins volontiers dans les moments de grande agitation intérieure, où la howlite ou la sodalite conviennent mieux.

    On lui associe aussi l’amour et la tendresse. C’est la pierre des sentiments dans la tradition européenne, offerte entre amoureux bien avant que le diamant ne prenne cette place. Cette dimension explique sa présence dans les bijoux de couple, aux côtés du quartz rose et de la rhodonite.

    Enfin, un registre de créativité. Les personnes qui écrivent, dessinent ou construisent quelque chose la gardent volontiers sur un bureau. L’idée est simple : une pierre qui ne montre jamais deux fois le même visage invite à ne pas s’enfermer dans une seule façon de voir. C’est un usage d’atelier plus que de méditation, à rapprocher de la cornaline.

    Opale et chakras

    L’opale est une des rares pierres que la tradition ne rattache pas à un seul centre. Sa correspondance suit sa couleur, ce qui la rend polyvalente et un peu insaisissable.

    L’opale blanche et l’opale de cristal sont associées au chakra coronal, au sommet du crâne, celui de la connexion et du recul. L’opale de feu et l’opale rouge vont au chakra sacré et au plexus solaire, du côté de l’élan et de l’action. L’opale rose travaille le chakra du cœur. L’opale bleue se rapproche de la gorge, comme le lapis-lazuli. Et l’opale noire descend au chakra racine, du côté de l’ancrage, terrain de l’obsidienne et de l’hématite.

    Si vous débutez et que cette logique de correspondances vous parle, notre article sur l’usage des pierres pour harmoniser les chakras donne la méthode complète, et nos bijoux sept chakras réunissent les sept couleurs sur un même bracelet.

    Pierre d’octobre, signes astrologiques et noces d’opale

    L’opale est la pierre de naissance du mois d’octobre, qu’elle partage avec la tourmaline dans la liste utilisée par la joaillerie depuis le début du vingtième siècle. C’est ce qui en fait un cadeau d’anniversaire tout trouvé pour les natifs de la Balance et du Scorpion, et vous trouverez le tableau complet des douze mois dans notre article sur les pierres de naissance.

    Côté signes astrologiques, la tradition lithothérapique associe surtout l’opale aux signes d’air et d’eau, Balance, Cancer, Poissons, Verseau et Gémeaux, chez qui elle vient soutenir la sensibilité et l’intuition. L’opale de feu fait exception et se range du côté du Bélier et du Lion, pour son élan. Notre article sur le choix d’une pierre selon son signe détaille la logique, et les bracelets signe astrologique la traduisent en bijou.

    Dernier usage, et il diffère selon le pays. En France, les noces d’opale marquent les vingt et un ans de mariage, et un bijou d’opale reste le cadeau attendu pour cet anniversaire. La tradition américaine, elle, place l’opale au quatorzième anniversaire. Si vous offrez à un couple binational, vous avez donc deux occasions valables plutôt qu’une.

    Reconnaître une vraie opale

    L’opale est l’une des pierres les plus imitées du marché, pour une raison simple : son jeu de couleurs se fabrique bien. Quatre repères permettent de s’orienter devant un bijou.

    1. Le motif se répète ou non. Une opale naturelle dessine des plages irrégulières, de tailles inégales, qui n’obéissent à aucun rythme. Une opale de synthèse montre au contraire un motif régulier, souvent en écailles de serpent ou en colonnes bien alignées, et le même sur toute la surface. C’est le signe le plus parlant, et il se voit à l’œil nu sur un cabochon un peu large.

    2. Les couleurs sont trop belles. Une pierre à quelques euros qui affiche un feu rouge et vert saturé sur toute sa surface n’est pas une opale naturelle. Le rouge demande les plus grosses sphères, celles que la nature produit le plus rarement : quand il couvre tout, il a été fabriqué.

    3. La tranche trahit les assemblages. Une doublette colle une fine lame d’opale sur un support sombre pour imiter l’opale noire, une triplette y ajoute un dôme de quartz par-dessus. Vus de face, les deux passent pour de l’opale massive. Vus de profil, on distingue nettement la ligne de colle et les couches. Regardez la pierre de côté, pas seulement du dessus. À ne pas confondre avec l’opale boulder, qui est une doublette naturelle : la couche d’opale y est indissociable de sa roche, aucune colle n’intervient.

    4. Opale et opalite ne sont pas la même chose. L’opalite est un verre opalescent, laiteux et bleuté, fabriqué industriellement. Elle n’a aucune parenté minérale avec l’opale et se reconnaît à son aspect trop uniforme et à son prix. Ce n’est pas une tromperie tant qu’elle est vendue sous son nom, et notre collier orgonite améthyste et opalite l’annonce d’ailleurs dans son titre. Le problème commence quand elle est présentée comme de l’opale.

    Sur nos fiches, la ligne Matériaux indique ce que contient chaque pièce, et c’est elle qui fait foi plutôt que la photo. Pour les repères qui valent sur toutes les pierres et pas seulement sur l’opale, nos articles sur les astuces pour distinguer les vraies pierres des fausses et sur les pierres qui changent de couleur vont plus loin.

    Pierres roulées d’opale jaune, ton miel uni, sans jeu de couleurs Bague en pierre naturelle opale, cabochon ovale monté sur une monture dorée
    À gauche, de l’opale commune roulée : une couleur pleine, aucun éclat mobile. À droite, un cabochon monté en bague. La différence ne dit rien de la qualité, elle dit à quelle famille appartient la pierre.

    Ce qui fait le prix d’une opale

    C’est la première question que les gens tapent dans un moteur de recherche à propos de cette pierre, avant même sa signification. La réponse honnête est qu’il n’y a pas de prix de l’opale, il y a un écart qui va de quelques euros à plusieurs milliers d’euros le carat, et quatre facteurs qui expliquent tout cet écart.

    La couleur du fond. Une opale noire, dont le corps sombre fait ressortir les éclats par contraste, se paie infiniment plus qu’une opale blanche de feu équivalent. C’est le premier tri, et de loin le plus lourd.

    La présence de rouge. Nous l’avons vu plus haut : le rouge suppose de grosses sphères, donc une formation rare. Une opale dont le feu vire au rouge et à l’orange vaut plusieurs fois une opale qui ne donne que du bleu et du vert.

    Massive ou assemblée. Une opale pleine se paie, une doublette et une triplette beaucoup moins, parce que la lame d’opale y est fine et collée sur un support. Les deux sont légitimes tant que le vendeur le dit.

    Noble ou commune. Une opale sans jeu de couleurs, même belle, même naturelle, reste dans une gamme de prix modeste. C’est ce qui rend l’opale accessible en bijou : nos pièces montées sur opale vont de 6 euros pour la pierre roulée à 250 euros pour un collier d’opale rose et d’argent, l’essentiel de la collection opale se situant entre 15 et 30 euros.

    D’où vient l’opale : Australie, Éthiopie, Mexique

    L’Australie domine l’histoire de cette pierre et en a fait sa gemme nationale. Le premier gisement de Coober Pedy est découvert en 1915 par un garçon de quatorze ans parti chercher de l’or avec son père, et le pays devient premier producteur mondial en 1932. Le gouvernement australien évalue encore aujourd’hui à environ 95 % la part australienne de l’opale précieuse mondiale, un chiffre à prendre pour ce qu’il est : l’opale y est sortie de terre par des mineurs indépendants sur de petites concessions, et la production n’est pas réellement comptabilisée.

    Trois noms comptent sur ce continent. Lightning Ridge, en Nouvelle-Galles du Sud, est la source principale de l’opale noire. Coober Pedy, en Australie-Méridionale, fournit l’opale claire en quantité, dans une ville si écrasée de chaleur que ses habitants vivent sous terre. Le Queensland donne l’opale boulder, autour de Jundah et de Quilpie, et il en est de très loin la source principale.

    L’Éthiopie a rebattu les cartes en deux temps. Un premier gisement apparaît en 1994 du côté de Mezezo, dans le Shewa, mais ses opales se craquellent facilement et la réputation en pâtit. Tout change en 2008 avec la découverte de Wegel Tena, dans la province du Wollo : c’est l’opale Welo, bien plus stable, qui a envahi le marché du bijou en une décennie. Un point que la plupart des fiches se trompent à écrire : cette opale est d’origine volcanique et non sédimentaire comme l’australienne, et elle est hydrophane, c’est-à-dire poreuse. Plongée dans l’eau, une opale de Wegel Tena devient transparente et perd temporairement son feu. Cela change ses règles d’entretien, nous y venons.

    Le Mexique est le pays de l’opale de feu, orange à rouge, principalement de l’État de Querétaro, souvent taillée à facettes plutôt qu’en cabochon parce que sa transparence le permet. Le Brésil, le Pérou pour l’opale rose andine, les États-Unis avec la Virgin Valley du Nevada, la Slovaquie et la Hongrie historiquement complètent la carte.

    Comment porter l’opale au quotidien

    La ténacité de l’opale commande le choix du bijou, et c’est un conseil qui vaut plus que n’importe quelle correspondance énergétique. Une bague en opale prend tous les chocs de la main : c’est la monture la plus exposée, à réserver aux moments où l’on ne bricole pas. Une bague en pierre naturelle à cabochon serti clos, comme notre bague vintage en opale, protège mieux la pierre qu’un sertissage à griffes qui la laisse dépasser.

    Le bracelet est le compromis courant. En perles fines, comme notre bracelet en opale jaune, la pierre reste discrète et prend peu de coups. En cabochon monté sur tressage, comme le bracelet grenat et opale, elle se voit davantage et se pose sur le dessus du poignet, moins exposé que la paume.

    Le pendentif reste la monture la plus sûre : la pierre pend, elle ne frotte contre rien, et elle se porte au niveau du cœur, ce qui convient bien à une pierre de sentiment. Nos colliers en pierre naturelle et nos pendentifs offrent le choix, et nos boucles d’oreilles en pierres naturelles arrivent juste derrière en termes d’exposition.

    Trois réflexes valent pour toutes les opales. On enfile le bijou en dernier, après la crème et le parfum. On le retire avant le sport et le ménage, là où les chocs arrivent. Et on le range à plat, dans une pochette souple plutôt qu’en vrac dans une boîte, car une pierre à 5 ou 6 sur l’échelle de Mohs se raye contre à peu près tout ce qui l’entoure.

    Bracelet de perles d’opale jaune de 2 mm porté au poignet, chaîne d’ajustement visible Bague vintage en opale portée à l’annulaire, anneau doré fin et petit cabochon bleu vert
    Deux montures, deux niveaux d’exposition. Au poignet, des perles de deux millimètres qui ne dépassent pas de la ligne du bras. Au doigt, un cabochon serti bas, qui prend malgré tout les chocs de la main.

    Purifier, recharger et entretenir son opale

    Voici le point où presque toutes les fiches se trompent, et où il faut être précis, parce que la consigne n’est pas la même selon l’origine de votre pierre. Écrire « l’opale craint l’eau » sans autre précision est aussi faux qu’écrire l’inverse.

    Une opale massive de type australien ne redoute pas l’eau. Le GIA a même une réponse écrite à ce sujet : certaines personnes conservent leurs opales dans l’eau, rien ne prouve que cela les empêche de sécher, mais cela ne leur fait pas de mal non plus. Un rinçage à l’eau claire tiède, suivi d’un séchage au chiffon doux, ne pose donc aucun problème.

    Une opale éthiopienne hydrophane, elle, boit. Elle peut absorber jusqu’à 15 % de son poids en eau, devenir transparente, perdre son feu le temps de sécher, et cette absorption peut provoquer des fissures. Sur une Welo, on évite l’immersion, y compris la vaisselle et la douche.

    Une doublette ou une triplette se méfie de l’eau pour une autre raison : une exposition prolongée affaiblit la colle qui tient les couches ensemble. Là encore, pas de trempage.

    Ce qui est déconseillé dans tous les cas. Le bac à ultrasons et le nettoyeur vapeur du bijoutier, qui associent vibrations et chaleur sur une pierre à faible ténacité. Le sel, qui attaque la surface. Et surtout la chaleur sèche, un radiateur, une plage arrière de voiture, un rebord de fenêtre en plein soleil.

    La craquelure, ou crazing. C’est le vrai risque de cette pierre, et il porte sur les plus riches en eau. Quand une opale perd son eau trop vite, un fin réseau de fissures apparaît, et rien ne le rattrape ensuite : ni huilage, ni repolissage, ni réhydratation ne réparent le réseau de silice. Les travaux publiés sur le sujet montrent que ce retrait de séchage peut s’amorcer dès un chauffage modéré, et parfois même à température ambiante dans un air très sec. La seule parade est donc la prévention : éviter les écarts brutaux, garder la pierre dans un intérieur normal.

    Pour la purifier au sens de la lithothérapie, la fumigation est la méthode la plus sûre : quelques passages dans la fumée d’un encens ou d’une sauge, sans contact. Un dépôt de quelques heures sur un amas de cristal de roche ou dans une géode fonctionne aussi bien et ne présente aucun risque physique.

    Pour la recharger, la lumière de la lune, une nuit sur un rebord de fenêtre intérieur, convient parfaitement. Le soleil direct est à proscrire, non pour des raisons énergétiques mais parce qu’il chauffe et assèche. Nos articles sur la purification des pierres et sur le rechargement des pierres détaillent chaque méthode et les pierres auxquelles elles conviennent.

    Pour purifier et recharger vos pierres

    Une géode d’améthyste pour y déposer la pierre la nuit, des coquilles d’abalone pour recueillir la fumigation, et un pendule pour prolonger le geste.

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    Questions fréquentes

    L’opale est-elle une pierre précieuse ?

    Pas dans le vocabulaire du commerce français, où l’usage réserve ce mot à quatre gemmes : le diamant, le rubis, le saphir et l’émeraude. Attention toutefois à ce que l’on prête à la réglementation : le décret du 14 janvier 2002 ne consacre pas cette liste, il interdit d’écrire semi-précieuse ou semi-fine et parle de pierres gemmes. Cette querelle de vocabulaire ne dit rien de la valeur réelle, une opale noire de qualité gemme se négociant plus cher au carat que bien des saphirs.

    Quelle est la différence entre l’opale et l’opaline ?

    Ce sont deux choses sans lien. L’opale est une pierre naturelle, de la silice hydratée sortie de terre. L’opaline désigne un verre opaque et laiteux, mis au point pour la verrerie d’art, et le mot sert aussi couramment à nommer l’opalite, ce verre bleuté vendu en perles. Si l’on vous propose de l’opaline en bijou, vous achetez du verre, ce qui n’a rien de honteux tant que le nom est dit.

    Comment savoir si mon opale est hydrophane ?

    La seule réponse fiable est de demander son origine au vendeur, car ce sont surtout les opales éthiopiennes qui le sont. Deux indices aident à défaut : une opale hydrophane est plus légère en main qu’une opale australienne de même volume, car elle est plus poreuse, et son jeu de couleurs se lit souvent en nid d’abeille ou en colonnes. Dans le doute, appliquez simplement la règle la plus prudente et évitez l’immersion, elle ne coûte rien sur une opale australienne.

    Peut-on dormir avec son opale ?

    Une pierre roulée posée sur la table de nuit ne pose aucun problème et c’est l’usage le plus courant. Un bijou, en revanche, se retire : une opale à 5 ou 6 sur l’échelle de Mohs se raye contre un fermoir ou un montant de lit, et une bague se coince dans les draps. Si vous cherchez une pierre à garder près de vous la nuit, la howlite et l’améthyste sont plus souvent citées que l’opale.

    Quelle opale choisir quand on débute ?

    Une opale commune, en perles ou en petit cabochon. Elle coûte peu, elle est moins fragile qu’une opale noble taillée fine, et elle laisse le temps d’apprendre les gestes d’entretien avant d’investir. L’opale jaune ou l’opale rose sont de bons points d’entrée. Gardez l’opale noble pour le jour où vous saurez que cette pierre vous accompagne vraiment.

    L’opale convient-elle pour une bague de fiançailles ?

    Elle est portée ainsi depuis longtemps et son symbolisme amoureux s’y prête, mais il faut le savoir : c’est une pierre de faible ténacité, sensible aux chocs et aux écarts de température, posée sur le doigt le plus exposé. Si le choix est fait, préférez un sertissage clos plutôt qu’à griffes, et acceptez l’idée de retirer la bague pour le ménage et le sport. Beaucoup de joailliers déconseillent l’opale pour un bijou porté sans exception tous les jours.

    D’autres pierres à découvrir

    Si ce sont les reflets mouvants qui vous attirent, plusieurs pierres du dictionnaire jouent la même partition autrement : la labradorite pour ses éclats bleus qui apparaissent selon l’angle, la pierre de lune pour son voile laiteux, la nacre pour son irisation douce, et l’ambre pour cette même parenté avec une matière qui a gardé quelque chose de vivant.

    Si c’est la couleur qui compte, l’opale jaune a sa fiche à elle, et l’agate de feu ou la cornaline offrent des orangés plus solides à porter au quotidien. Pour l’intuition et le rêve, tournez-vous vers l’améthyste ou la calcédoine. Pour la protection et l’ancrage, l’obsidienne et l’œil de tigre tiennent mieux le choc au quotidien.

    Et si vous débutez, nos articles sur les trois clés pour choisir la pierre idéale et sur le choix d’un bijou en pierre naturelle donnent les repères utiles avant tout achat. Le dictionnaire des pierres réunit les soixante-dix fiches déjà publiées.

    Sources

    Composition, eau, dureté, densité, sphères de silice, variétés, gisements, gemme nationale et pierre d’octobre. Notice « Opal » de Wikipédia en anglais : teneur en eau de 3 à 21 % du poids, le plus souvent entre 6 et 10 % ; densité 2,15 ; sphères de silice dont le diamètre observé va de 150 à 300 nanomètres ; démonstration du mécanisme par J. V. Sanders au milieu des années 1960 ; Lightning Ridge principale source d’opale noire ; opale boulder du Queensland vers Jundah et Quilpie ; opale de feu de l’État de Querétaro ; découverte de Wegel Tena en 2008 dans la province du Wollo ; opale gemme nationale de l’Australie et pierre de naissance du mois d’octobre.

    Statut de minéraloïde, dureté, ténacité et vocabulaire du jeu de couleurs. Le Gemological Institute of America décrit l’opale comme un minéraloïde qui ne répond pas à la définition technique d’un minéral, bien que l’Association minéralogique internationale lui reconnaisse un nom d’espèce pour des raisons historiques ; il donne une dureté de 5 à 6,5 variable selon la composition, une ténacité très faible à moyenne, et recommande de réserver le mot opalescence au voile laiteux plutôt qu’aux feux.

    Diffraction et seuils de taille des sphères. Notice « Opal » de l’Australian Museum : sous 138 nanomètres la diffraction est invisible car ultraviolette, le violet apparaît à 138 nanomètres, le rouge au-delà de 241 nanomètres, et le jeu de couleurs disparaît dans l’infrarouge au-delà de 333 nanomètres. Article fondateur : J. V. Sanders, « Colour of Precious Opal », Nature, vol. 204, 19 décembre 1964, p. 1151-1153.

    Opale de Wegel Tena, origine volcanique et comportement hydrophane. B. Rondeau et coll., « Play-of-Color Opal from Wegel Tena, Wollo Province, Ethiopia », Gems & Gemology, été 2010 : ces opales, d’origine volcanique et non sédimentaire, deviennent transparentes lorsqu’elles sont immergées dans l’eau. C’est également la source du comportement hydrophane décrit plus haut, une opale de ce type pouvant absorber jusqu’à 15 % de son poids en eau, avec un risque de fissuration.

    Conservation dans l’eau, doublets et triplets. Fiche « Should I store my opal in water? » du GIA : rien ne prouve que cela empêche une opale de sécher, mais cela ne lui fait pas de mal ; en revanche une exposition prolongée à l’eau peut affaiblir la colle des doublets et des triplets.

    Origine de la superstition. Notice « Anne of Geierstein » de Wikipédia en anglais : Lady Hermione porte une opale éblouissante dans ses cheveux, quelques gouttes d’eau bénite en éteignent l’éclat, elle s’évanouit et il ne reste d’elle le lendemain qu’un petit tas de cendres. À la suite de ce roman publié en 1829, les ventes d’opale en Europe chutent de 50 % et restent basses pendant les vingt années suivantes.

    Vocabulaire du commerce des pierres en France. Décret n° 2002-65 du 14 janvier 2002 relatif au commerce des pierres gemmes et des perles, sur Légifrance : son article 5 interdit l’emploi des termes semi-précieux et semi-fins pour toutes les matières visées, et son article 4 interdit les qualificatifs précieux, fin, vrai, véritable et naturel pour les pierres synthétiques, composites, reconstituées et d’imitation. Le décret ne consacre en revanche aucune liste de quatre pierres précieuses : cette liste est un usage de marché.

    Étymologie. Notice étymologique du CNRTL : emprunt au latin opalus, lui-même emprunté par Pline au grec opallios ; forme ancienne optal attestée dans la première moitié du douzième siècle, du bas latin optalius, probablement sous l’influence du grec ophthalmos, l’œil. Le CNRTL ne mentionne aucune origine sanskrite.

    Ce qui n’est que partiellement vérifié. La part de 95 % de l’opale précieuse mondiale attribuée à l’Australie est portée par le gouvernement australien, qui précise par ailleurs que la production n’est pas comptabilisée. Les seuils de température de la craquelure sont donnés d’après des travaux dont le texte intégral n’a pas pu être consulté, ils sont à lire comme des ordres de grandeur. Les noces d’opale à vingt et un ans relèvent de l’usage français courant et non d’un texte de référence.

    Ce qui relève de la tradition et non d’un fait établi. Les vertus, les correspondances de chakras, les signes astrologiques et les méthodes de purification décrites ici appartiennent à la lithothérapie, une approche de bien-être transmise par l’usage. Elles ne constituent ni un avis médical ni une donnée scientifique vérifiée.

    Ce qui n’est pas une source. Les liens vers les autres articles et les collections de la boutique sont des renvois de lecture interne, pas des références indépendantes.